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L’évolution du prix de l’énergie est inévitable car même si l’évolution de la consommation en TEP (tonne équivalent pétrole) baisse, l’augmentation planifiée de la population mondiale réduira à
néant tous les efforts. De fait, politiquement, il est très difficile pour les Etats-Unis de demander aux Chinois de réduire leur consommation d’énergie, car les premiers sont de forts
consommateurs avec une population assez faible, alors que les seconds ont une consommation énergétique /habitant somme toute assez faible mais avec une population approchant les 1.4 milliards
d’habitants.
Bien que la prise de conscience soit réelle, il apparaît que peu sont ceux qui, dans les faits, changent leur comportement pour réduire les émissions de CO². En revanche, tous souhaitent réduire leur facture d’électricité…..Or il s’agit du même combat, car la proportion mondiale de production d’électricité par le biais d’énergie dites « propres » en matière d’émission de CO² reste très marginale. La plus grande partie de la production mondiale d’énergie se fait par le pétrole et le Gaz.
La consommation en pétrole va considérablement augmenter due à l’évolution des transports. Mais comme les réserves baissent, le prix augmentera inexorablement. L’augmentation du pétrole n’est donc pas un artifice de spéculation, mais bel et bien la résultante du marché de l’offre et de la demande. Le prix du gaz étant calé sur le prix du pétrole, l’augmentation de l’un entrainera l’augmentation de l’autre. Pour réduire cette augmentation, la course aux nouveaux gisements est lancée….aux détriments des réserves écologiques du grand nord. Rappelons que la grande partie de l’électricité est produite par le gaz.
L’énergie, sous quelque forme quelle soit, augmentera très fortement dans les prochaines années et de façon exponentielle due à l’accroissement de la population et les émissions de CO² suivront. Comme les émissions de CO² sont source du réchauffement climatique, actuellement on ne se pose plus la question de comment réduire le réchauffement climatique mais comment allons nous faire pour vivre avec ?
Nous sommes donc dans un monde où il faut à la fois investir dans le pétrole mais aussi dans l’électricité et pas seulement dans les pays en développement. Mais investir dans le nucléaire n’est pas si aisé, car le poids de l’Uranium dans le coût global du KW Nucléaire reste très marginal. En revanche, la part de l’investissement et de la maintenance sont considérables. En France, il est très difficile d’investir dans l’éolien car le prix de l’électricité est fortement régulé et ne correspond pas au coût réel de production ni au coût de l’énergie des pays développés comparables.
L’énergie en France est sous évaluée et sur subventionnée. Nous devons nous attendre donc à une dérégulation du marché de l’énergie dans les 5 années à venir. A défaut, la France ne possèdera pas les liquidités nécessaires pour investir dans de nouvelles centrales et maintenir les anciennes. N’est ce pas déjà le cas ? Ne réactivons nous pas d’anciennes tranches ? Nos installations sont elles très bien entretenues ?
De plus, la taxe carbone, qui a fait tant de bruit, ne représente que 5% du prix du MW alors qu’en Suède elle atteint les 50%. La taxe carbone ne s’applique pas sur le MW nucléaire puisque ce dernier n’émet pas de CO². Or, lors de pointes de consommation, le MW est produit par des centrales gaz et charbon de substitution !!!! Mais comment peut on augmenter le prix du MW électrique alors que ce dernier est régulé ???
De plus, le changement climatique a aussi un effet accélérateur car il altère les centrales de production d’énergie, ce qui a pu se constater lors de la canicule, laquelle a engendré des pics de consommation électrique très néfastes aux centrales de production.
Enfin, au-delà des clivages politiques, la réduction des émissions de CO² rencontre un énorme problème technique, car il est technologiquement impossible de trouver des énergies de substitution dans les délais impartis afin de remplacer le gaz et le pétrole : il faudrait par exemple construire 1500 centrales nucléaires !!! Rappelons que la subvention de l’éolien est payée par l’électricité (taxe CSPE) et donc par le nucléaire. Donc si l’éolien explose, il ne pourra plus être subventionné du fait que le prix de l’électricité en France est régulé.
Conclusion :
Le bâtiment (au sens large) représente près de 40% des émissions de CO². Pour sensibiliser les gestionnaires de patrimoine à la réduction de l’émission de CO², il convient de présenter la réalité sous un autre angle, celui de l’aspect financier. Sachant que le prix de l’électricité augmentera de 40% (dans les 5 ans) car on tend vers une dérégulation, tout immeuble devra consommer moins tout en apportant plus de services consommateurs d’énergie. Et réduire de 40 % sa consommation entrainera une réduction de 40% de l’émission de CO² (rappelons que par temps de pointe de consommation, c’est les centrales gaz et charbon qui prennent le relais pour produire de l’électricité)
Comment résoudre cette équation des 3 « 40% » ? C’est là, toute la plus value de l’Energy Managment. Investir dans l’Energy Mangament, ne permet pas un gain mais constitue une non perte sur le futur.
Arnaud MARTINEZ-NEPVEU membre d'ABN Consulting et fondateur de CIREF sera disponible à partir du:
1er septembre 2010 pour une mission à plein temps
1er janvier 2010 pour des missions ponctuelles
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